Journal de bord mission pour le développement durable Jacques Vabre

Journal de bord mission pour le développement durable Jacques Vabre

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mercredi 26 novembre 2008

53 jours au Brésil

De retour en France, l’heure est au bilan, non sans une pointe de nostalgie. De quoi te souviendras-tu Diane ?

Devant une réserve sauvage

Je me souviendrai des longues conversations techniques avec Rodrigo, notre ami agronome, tentant par exemple de nous expliquer pourquoi dans une ferme labellisée Rainforest Alliance les vaches n’ont pas le droit d’aller boire dans les espaces de réserve naturelle. Après tout, une vache c’est naturel, non ?

Je me souviendrai des séances d’éducation environnementale à l’école d’Itacaré, du grand jeu final, où notre niveau de portugais ne pesait pas lourd face à l’excitation et à l’enthousiasme de 80 enfants en effervescence.

Je me souviendrai de toutes les fois où nous avons présenté et représenté Jacques Vabre devant des dizaines de producteurs réunis, et en portugais qui plus est, non sans un peu de trac il faut l’avouer !

Je me souviendrai de l’hospitalité inégalée des Brésiliens, de la poule que Maria aura tuée afin de préparer un succulent ragout, en signe de reconnaissance pour nous étrangers venus visiter la ferme de café de sa famille.

Je me souviendrai de tout ce que j’avais déjà lu dans des livres et que j’ai pu voir avec mes yeux, des hommes cueillant les derniers grains de café à la main, des montagnes vertigineuses et luxuriantes de l’Espirito Santo, des 10 principes et 90 critères de la certification Rainforest Alliance que j’ai mis des heures à comprendre mais que je connais désormais par cœur, des plantations de café qui s’étendent à perte de vue, de la coupure de courant à Itacaré qui a plongé la ville dans le noir pendant 2 jours, des paysages secs et arides de Bahia, des heures passées à peaufiner nos articles/reportages discutant parfois dix minutes sur un mot, des trajets en voiture qui n’en finissaient pas, de tous les types de café différents que nous avons goûté, arabica et robusta, naturels, semi-washed ou full-washed…

Nous signons le dernier article de ce carnet de bord et, avec ceci, la clôture de la mission Jacques Vabre 2008.

samedi 22 novembre 2008

EXPLIQUER, ENCOURAGER, EVALUER

Bilan d’une semaine de travail sur l’agriculture familiale avec Rodrigo, ingénieur agronome de Rainforest Alliance

Expliquer, encourager, évaluer. Voilà les trois mots qui résument notre travail dans la communauté de Palmeiras avec Rodrigo, auprès de 17 petits producteurs engagés dans la démarche Rainforest Alliance.

Réunion de travail

Pour Rainforest, il s’agit d’accompagner les producteurs vers le logo à la grenouille verte : d’ici à quelques mois leur ferme sera vérifiée par un agronome qui décidera ou non de leur délivrer le label. Quant aux producteurs, c’est l’occasion pour eux de faire un point sur les changements à engager dans leur ferme vers un meilleur respect de l’environnement et de bonnes conditions de travail afin d’être prêts le jour J.

Pendant une semaine nous avons donc enchaîné visites de fermes et réunions de travail avec chaque producteur.

Dans la ferme de Robsom

Au-delà des aspects techniques, recevoir la visite d’un représentant de Rainforest Alliance et de Jacques Vabre est une source de motivation. Le cafézinho (petit café) que nous buvons en présence de toute la famille est à chaque fois un moment fort pour eux comme pour nous.

Enfin, le dernier jour, Rodrigo réunit l’ensemble de la communauté afin de lever tous leurs doutes. C’est avec une craie, un tableau et des schémas qu’il éclaircit les derniers points et les encourage à poursuivre leurs efforts.

"Comment fonctionne la certification ?" par Rodrigo, ingénieur d'Imaflora

vendredi 21 novembre 2008

Vers l'obtention du label Rainforest Alliance

Quand on achète un paquet de café portant le label Rainforest Alliance, on ne se doute pas forcément de tout ce que ça implique pour les fermes qui produisent les grains de café.

C’est ce que nous venons découvrir auprès des 17 petits producteurs de la communauté de Palmeiras qui tentent d’obtenir la labellisation de leur ferme. Après une heure de trajet sur une piste improbable aux reliefs marqués, nous parvenons tant bien que mal jusqu’à un petit village de montagne niché au cœur d’un cirque de verdure.

Visite de petits producteurs en cours de certification

Ce groupe de producteurs que nous venons visiter s’est lancé dans le processus il y a 6 mois avec Rodrigo, ingénieur agronome de Rainforest Alliance. Aujourd’hui Rodrigo revient pour voir où ils en sont dans la mise aux normes de leur exploitation. Certaines pratiques de sécurité dans l’usage de produits chimiques qu’exige le label ne vont pas de soi et il faut du temps à ces producteurs familiaux pour s’adapter.

Mais ici, c’est un cas particulier : les choses sont assez simples et le processus devrait aller vite. Chacun des producteurs que nous rencontrons ne possède pas plus de 3 ou 4 hectares et n’emploie comme main d’œuvre… que ses propres bras. C’est donc à eux-mêmes que ces producteurs doivent offrir de bonnes conditions de travail ! La nature ? Ils la préservent naturellement car c’est leur cadre de vie, à la différence des grands propriétaires terriens qui vivent le plus souvent en ville. Enfin, ici tout le monde se connaît et s’entraide, et tous sont motivés pour obtenir le label, et c’est sans doute là le plus important.

La prochaine récolte devrait pouvoir être vendue sous le label Rainforest Alliance et faire la fierté de la communauté !

Plantations de café dans les montagnes de l'Espirito Santo

mardi 18 novembre 2008

L'agriculture familiale, dernière étape de notre mission

Un caféier en maturation

Dimanche, nous quittons Bahia pour partir à la découverte du 2e Etat producteur de café au Brésil, l’Espirito Santo. Sur le trajet, nous sommes frappés par la beauté des paysages qui s’offrent à nos yeux : si Bahia était une région sèche aux reliefs peu marqués, nous avons devant nous de hautes montagnes majestueuses qu’épouse une végétation luxuriante. Pour couronner le tout, le soleil décide de se coucher à ce moment précis. La vue est tout simplement magnifique.

Coucher de soleil sur l'Espirito Santo

Nous arrivons à Muqui, petite ville de 3000 habitants nichée entre les montagnes. Nous apprenons que ce fut la 1ère région productrice de café au Brésil dans les années 20. Et en effet, à la vue des façades coloniales entretenues avec soin, il est aisé d’imaginer les barons du café arpentant les petites rues pavées, presque conservées à l’identique. Depuis, la région a souffert de nombreuses crises économiques. Elle a fini par se relever en se réorganisant. Aujourd’hui, on y trouve surtout une agriculture familiale de petits producteurs de robusta.

Place principale de Muqui

C’est la dernière étape de notre mission. Nous venons ici pour rencontrer un groupe de 17 producteurs en pleine restructuration pour obtenir le label Rainforest Alliance avant fin 2009. L’idée est d’assister Rodrigo, ingénieur agronome d’Imaflora, dans son travail quotidien.

lundi 17 novembre 2008

La femme est-elle l’avenir de la ferme ?

3 questions à Marilene, productrice de café

Marilene, bien entourée

Face à Marilene, bout de femme dotée de tant d’énergie et de volonté, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le rôle des femmes dans le milieu rural. Les projets sociaux ici ne sont pas parole en l'air. Déjà dans la Fazenda Labaréda, la collaboration fructueuse de Gabriel et Flavia nous avait marqués (voir l'article du 9 octobre). Marilene nous dit ce qu'elle en pense.

Marilene, d’où vous vient cette sensibilité aux questions sociales ?

Avant d’être propriétaire d’une ferme de café, je suis infirmière de profession. J’ai toujours soigné les plus pauvres, les gens qui n’ont rien. Vous savez, soigner des gens, c’est une manière d’améliorer leur quotidien. Aujourd’hui, en prenant soin de mes employés, je ne fais pas autre chose.

Le fait d’être une femme n’y est-il pas aussi pour quelque chose ?

Oui, bien sûr il y a de ça, les femmes sont plus sensibles à ces questions. Mais je crois surtout qu’elles sont plus exigeantes, qu’elles vont au bout des choses. Par exemple, quand je vois un employé sans son équipement de sécurité, je suis très ferme : même s’il fait chaud et que ce n’est pas agréable pour lui, il faut qu’il le porte en permanence. Mais c’est pas toujours évident…

Vous pensez que c’est plus difficile de gérer une ferme quand on est une femme ?

Oui, c’est plus difficile mais on fait ce qu’on peut. Le Brésil est un pays encore très machiste. Dans le milieu agricole, c’est encore plus marqué. Mon frère a voulu me vendre ses parts de la ferme : je lui ai répondu que j’avais besoin de lui. Clairement, il faut une autorité masculine, les employés ne sont pas habitués à obéir à une femme. Mon frère et moi, on se complète !

samedi 15 novembre 2008

Un café au goût amer...

Le café est une denrée capricieuse : deux arabicas provenant de deux fermes équivalentes peuvent donner un café excellent et un infame jus de chaussette au goût de vinaigre. Pourquoi ? Simplement parce que l’un est cultivé avec soin et l’autre avec négligence. Tous les cafés ne sont pas égaux.

Coopérative de café a Vitoria da Conquista

C’est ce que nous explique Iuri, jeune agronome de 24 ans qui connaît son affaire comme s’il avait 20 ans de métier. Nous sommes à la coopérative agricole COPEMAC, qui a un rôle central dans la région de Vitoria da Conquista: plus de 200 producteurs bénéficient de ses infrastructures pour la préparation, le stockage et la vente des grains de café.

C’est ici qu’on sépare le bon café du mauvais, en triant les grains. Tous les grains portant des défauts sont retirés : grains trop petits, grains trop jeunes, grains trop mûrs, grains cassés, etc. Diane s’y est mise et il ne lui a pas fallu moins d’un quart d’heure pour trier à peine 100 petits grains…

Tri des grains de café

Pour une bonne production, moins de 50% des grains donneront un café de qualité. Le meilleur café est destiné principalement à l’exportation et le reste… au marché brésilien. Le premier pays producteur de café au monde ne voit pas la couleur de son plus bel or noir. Le café ici laisse un goût amer dans la bouche des brésiliens.

jeudi 13 novembre 2008

Une infirmière à la tête d’une ferme de café

Marilene est une femme au caractère bien trempé. Sa ferme de 300 hectares, elle la gère comme un véritable chef d’entreprise et ses employés ne n’y trompent pas. Mais si elle est aussi exigente, c’est avant tout pour le bien-être de ses salariés. Infirmière de profession, elle dévoue son énergie aux personnes que la vie n’a pas gâtée. Elle a toujours soigné les gens les plus pauvres et récemment, elle a adopté un orphelin des rues qu’elle élève comme son enfant.

Marilene et Aloys

Depuis cinq ans qu’elle a acheté la ferme avec son frère, elle s’est attelée à la métamorphoser. Ce sont souvent des choses simples : un logement décent avec matelas, draps et couvertures, une cuisine agréable, quoique rudimentaire, de l’eau potable. Mais ne pas se tromper, dans la région de Vitoria da Conquista, ce qui nous parait un minimum est loin d’être évident : les fermes que nous avons visitées jusqu’ici offraient à leurs travailleurs des conditions très difficiles.

Logements des ouvriers agricoles pendant la cueillette
Pourquoi ? Non pas par négligence ni cruauté. Mais simplement parce qu’entre l’augmentation constante des coûts de production et la stagnation du prix du café, les fermes manquent de fonds à investir dans des infrastructures. La priorité d’un producteur est avant tout de joindre les deux bouts, et ce n’est pas tâche facile !

Marilene, Rodrigo et Diane

Si Marilene y parvient, c’est qu’elle se bat.Depuis l’achat de la ferme elle n’en a jamais tiré profit : tout l’argent gagné est réinvesti d’une année sur l’autre pour améliorer la gestion de sa ferme et le quotidien de ses travailleurs. Le dernier trophée à son mur : une école pour les habitants des environs qu’elle a réussit à faire financer par la Banque du Brésil.

mardi 11 novembre 2008

Les difficultés économiques d'un petit producteur

« Dans ma famille, on cultive le café de père en fils depuis 200 ans ». C’est sur un ton fier et presque solennel qu’Isaias nous ouvre les portes de sa ferme. Sa ferme ? Pas plus de 15 hectares de café. Pourtant c’est un des meilleurs de la région de Vitoria da Conquista, au sud de l’état de Bahia.

Mais les temps sont durs pour les petits producteurs comme lui. « La main d’oeuvre est devenue très chère et le prix des engrais n’a cessé d’augmenter, nous explique Isaias. Aujourd’hui ce n’est plus rentable pour moi ! » En effet, cette année les coûts de productions ont été plus élevés que le prix de vente du café pour Isaias. Produire un sac de café lui a coûté 240 réais et il ne l’a vendu que 220 réais (environ 70 euros le sac de 60 kilos).

Alors comment fait-il pour s’en sortir ? Isaias est obligé de travailler à côté. Son talent pour faire du bon café est connu et il a donc été employé par un des plus gros producteurs de la région pour être gérant de sa ferme, 5 fois plus grande que la sienne...

Avec Isaias, petit producteur de la région de Conquista

dimanche 9 novembre 2008

Des crottes de poule pour remplacer des engrais chimiques…

Visite d’une ferme non certifiée

Vue de la ferme

Ce n’est pas parce qu’une ferme n’a pas de label qu’elle ne développe pas certains projets pour préserver l’environnement et réduire ses coûts en produits chimiques ! La preuve, nous l’avons eu devant nos yeux jeudi, lors de notre visite d'une ferme de la région.

Cette ferme, de taille moyenne (35 hectares), a conçu un business model très original : elle produit à la fois des poules, des œufs et du café. Quel rapport entre les 3, me demanderez-vous ? Eh bien en réalité, cette ferme élève des poules, en récupère les excréments, puis les œufs. Les excréments de poule serviront de base pour créer un engrais organique, et les œufs et les poules seront revendus.

Les poules

Bilan : 70 % de produits chimiques économisés, 1000 sacs de cafés vendus par an et 40 000 œufs vendus par jour !

Et sous la grange, de l'engrais naturel...

Alors pourquoi cette ferme, a priori sensible sur ces problématiques, ne se lance pas dans le processus de certification ? Le propriétaire nous explique qu’il est très intéressé par la démarche pour une question de satisfaction personnelle. Il serait fier que son café soit reconnu. Ce qui le bloque, ce sont les coûts et le temps qu’implique un tel projet. Mais il compte se lancer dans les prochaines années.

Aloys Diane Mariana et les propriétaires de la ferme

vendredi 7 novembre 2008

Lever les préjuger liés à la certification Rainforest Alliance

Aloys en action

« Certifier ma ferme ? Trop compliqué ! ». Beaucoup de producteurs pensent que cultiver du café de manière durable c’est mettre en place des actions très complexes qui coûtent très cher. Or, la certification Rainforest Alliance n’est souvent que l’application de règles de bon sens: avoir des équipements de sécurité pour les employés, ne pas gaspiller l’eau, maintenir propre la ferme... Certains des producteurs présents sont d’ailleurs peut être à jour sur certaines normes sans le savoir !

D’où un atelier pour expliquer en quoi consiste la certification et en discuter librement. Rodrigo présente les aspects techniques : comment ça marche pour obtenir le label de la grenouille verte, qu’est-ce que ça coûte, qu’est-ce que ça rapporte ?

Rodrigo explique la certification à des producteurs

Ensuite c’est Demetrio qui prend la parole : Demetrio, c’est l’acheteur de café Jacques Vabre au Brésil, le Gringo, le vrai (pas celui de la pub). Il est venu pour assurer aux producteurs qu’il y a une forte demande de café certifié Rainforest Alliance, à condition que ce soit aussi du bon café. Car c’est là la principale préoccupation des producteurs : vendront-ils mieux ou moins bien du café certifié?

Enfin Diane et moi entrons en scène : nous présentons la marque Jacques Vabre et montrons aux producteurs présents un paquet de café « Bahia ». On veut leur donner la preuve que vous, qui buvez du café Jacques vabre, vous existez et que vous préférez consommer un café responsable !

Le café Jacques Vabre "Bahia" ...et Diane

Diane y met tout son cœur, sortant son meilleur Portugais. La scène est attachante, à tel point que Jackson, le propriétaire d’une exploitation de la région nous invite à visiter sa plantation de café.

Aloys

jeudi 6 novembre 2008

A la rencontre des producteurs de café

Campagnes autour de Vitoria da Conquista
Ce lundi, nous quittons Itacaré, son école, ses plages et ses cocotiers pour rentrer dans l’intérieur des terres de l’état de Bahia. Cap sur la région de Vitoria da Conquista, où l’on produit du café malgré un climat sec qui rend les choses plus complexes.

C’est la deuxième partie de notre mission qui commence : pendant 3 semaines nous allons rencontrer des petits producteurs de café et participer au processus de certification Rainforest Alliance avec Rodrigo, ingénieur agronome (voir Rencontre avec Rodrigo).

La journée de mardi est consacrée à des ateliers de présentation de la certification Rainforest Alliance pour des producteurs de la région réunis en coopérative. Ils sont une quinzaine à avoir fait le déplacement, possèdent des exploitations de taille moyenne (entre 20 et 50 hectares) et sont ravis de rencontrer des petits français ! Mais pour ce qui est de la certification, ils sont encore loin d’être convaincus... L’objectif est de lever de nombreux préjugés. Puis nous irons visiter les fermes une à une.



A suivre !

mardi 4 novembre 2008

Eu vou ficar com saudade de Itacaré*

  • Itacaré va me manquer

    Village Itacaré 2

3 semaines à Itacaré. 2 projets en partenariat avec GAN’A. 32 membres dans GAN’A. 30 heures de cours d’éducation environnementales dispensées. 70 enfants et adolescents de 7 à 16 ans. 92 graines d’arbres en voie d’extinction collectées et plantées.

Quelles conclusions tirer de tous ces chiffres ?

Certes, des difficultés. Difficulté de légitimité d’abord : en tant qu’étudiant français dans une grande école de commerce, où trouver le bien-fondé pour s’impliquer dans une communauté et ses projets ? Difficulté de langage ensuite : comment trouver les mots en portugais pour expliquer à des enfants qu’il faut préserver leur environnement et leur région, ou encore pour préparer une réunion avec 10 brésiliens ? Difficulté d’adaptation enfin : comment accepter de changer ses habitudes, en assistant sans broncher une réunion de 4h qui commence avec 1h de retard pour préparer une séance à l'école dont l’essentiel sera en réalité improvisé ?

Au-delà de ces obstacles, une réussite. Certes, ce programme n’était qu’à échelle humaine, alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire pour améliorer le quotidien d’Itacaré. Cependant, on peut pointer du doigt les indices de son succès : le programme dans l’école s’est fait connaître dans toute la ville à tel point que la directrice d’une autre école est venue demander qu’on y organise le même projet. GAN’A a d’ailleurs prévu de poursuivre ce programme sur le long terme, alors qu’il n’était à l’origine que conçu pour 3 semaines.

La réunion de clôture avec GAN’A samedi soir dernier était un joli moment d’émotion. Ce fut l’occasion de tracer un bilan de notre collaboration et de dire au revoir à toutes ces personnes dont on a partagé le quotidien pendant 21 jours.

Je retiendrai leur chaleur, leur sympathie et le point d’honneur qu’ils se sont fait à nous accueillir comme si nous étions des leurs.

Pour nous dire au revoir à la Brésilienne, ils nous ont invités à partager une excursion le lendemain, dimanche. Sur un petit bateau de pêche, nous avons remonté un fleuve depuis la mer pour rejoindre une cascade perdue en plein milieu de la Mata atlantica et y cueillir des noix de coco. Je vais venir habiter au Brésil je crois…

Diane

vendredi 31 octobre 2008

Une semaine pleine d’émotions à l’école d’Itacaré

Cette dernière semaine au sein de la communauté d’Itacaré a été marquée par deux temps forts. Mercredi nous avons planté les graines d’arbres en voie de disparition avec les enfants de l’école. Chaque enfant a pu choisir une espèce d’arbre et inscrire son nom sur le pot qui verra bientôt se développer un jeune plant. Avec nous, les enfants ont aussi transformé une zone particulièrement sale de la cour de récréation en y plantant des palmiers miniatures. L’endroit accueillait jusqu’à maintenant canettes vides, papiers de bonbon ou autres sacs en plastiques.

Désormais les enfants ont pour mission de prendre soin de cette platebande. Cela permet d’améliorer la qualité de vie de l’école au quotidien mais cela aura aussi été une manière concrète de transmettre l’envie de respecter la nature.

Le deuxième temps fort de la semaine a eu lieu pas plus tard que ce matin et j’ai encore la tête pleine des rires et des cris en tous sens de la cinquantaine d’enfants qui ont participé au grand jeu que nous organisions avec GAN’A dans la rue de l’école pour conclure nos 3 semaines de travail d’éducation environnementale. On retiendra l’épreuve de course en sac avec tri sélectif à l’arrivée qui a particulièrement déchainé les passions ainsi qu'une sorte de balle aux prisonniers brésilienne:

Chaque équipe devait ensuite présenter une chanson en relation avec le respect de l’environnement. Chacun s’est donné à fond et les 4 chansons présentées pourraient facilement rivaliser au hit parade!

Pour finir chaque enfant s’est vu remettre un diplôme d’honneur qu’il pourra garder en souvenir.

jeudi 30 octobre 2008

Salvador, joyaux africain du Brésil

Vue de Salvador et du Mercado Modelo
Samedi dernier, nous avons eu l’occasion de faire un tour à Salvador, réputé comme le plus beau fleuron du Brésil colonial. Eh bien laissez-moi vous dire qu’on n’a pas été déçus !

Le centre historique de Salvador a le charme des grandeurs fanées. Dès le jour levé, un soleil ardent illumine les jolies maisons coloniales aux couleurs pastel et aux arcades gracieuses, souvent peu entretenues.

Les petites rues joyeuses et bruyantes semblent presque avoir oublié un passé tumultueux dont certains monuments gardent le souvenir. Ici, le Mercado Modèlo, douane où les esclaves débarqués au port s’entassaient avant d’être vendus aux enchères, s’est reconverti en marché touristique. Là, le Pelourinho, place qui servait autrefois à châtier en public les victimes condamnées au fouet, est aujourd’hui un simple carrefour animéLe pelourinho

Mais si Salvador envoute et fascine, c’est qu’elle est dotée d’une âme. Le cœur de la ville bat au rythme d’animations que l’on croise au détour des rues. Des danseurs de capoeira vêtus de blanc s’entrainent sous l’œil curieux des passants. Des percussionnistes enjoués font résonner les murs de la ville de leurs rythmes entraînants. Des vendeurs insistants déambulent sur les places et alpaguent les touristes pour leur proposer bracelets et pacotilles.

Et, le clou du spectacle : le soir, nous avons eu la chance d’assister à une cérémonie de Candomblé, religion héritée des traditions africaines. Face à nos yeux ébahis, nous avons vu des femmes en tenues traditionnelles danser sur des cadences effrénées de tambours, tandis qu’Ogun, Dieu de la guerre, leur transmettait son énergie.

Une belle découverte de la culture brésilienne !

Diane !

lundi 27 octobre 2008

Concours de café

Chers amis lecteurs, toutes nos excuses pour notre silence depuis jeudi dernier. Nous avons dû quitter Itacaré pour quelques jours afin de régler des petits soucis administratifs. Alors que vous raconter ?

Pas d’inquiétude, on va vous décongeler un vieux reportage qu’on n’avait pas encore eu le temps de vous montrer. Deux raisons de rester sur cette page : c’est pas long et en plus, grande nouveauté, c’est en vidéo !

Venons-en au fait. Savez-vous comment on déguste le café ? Nous avons assisté à une petite séance en présence de professionnels au cours d’un concours de qualité de café. Le principe : tous les producteurs de la région amènent un échantillon de leur production. Cet échantillon est torréfié sur place et goûté par des experts. Illustration avec cette petite vidéo. Vous allez voir c’est assez surréaliste ! Vous n'avez plus qu'à cliquer sur le lien suivant:

Dégustation de café

jeudi 23 octobre 2008

Des instruments de musique construits à partir... de déchets !

Parler en Portugais c’est une chose, dispenser des cours d’éducation environnementale en Portugais pour 100 enfants de 8 à 16 ans, c’en est une autre !

A l´école

Nous avons déjà passé plus de 15 heures dans la petite école du quartier, l'école Dr. Florisval Francisco de Jesus, pour transmettre de manière ludique l’envie de préserver l’environnement, en collaboration avec GAN’A.

Le projet est le suivant : les enfants doivent par équipe concevoir un numéro musical ayant pour thème l’environnement, le tout avec des instruments de musique construits à partir… de déchets ! Au bout de toute cette préparation : un Grand jeu final par équipe. Entre la construction des instruments, l’écriture des paroles et autres ateliers de théâtre, nous tentons de leur transmettre certains concepts : recyclage, écosystème, déforestation...

Si le projet est très beau comme ça, laissez-moi vous dire que ce n’est pas une tâche facile ! Exemple : la présence des enfants est très irrégulière : vendredi dernier, ils étaient 100, mercredi… 40 !

Ce que je trouve incroyable, c’est la jolie diversité des personnes qui s’y impliquent : imaginez 3 musiciens, 2 étudiants, un électricien/pêcheur, une professionnelle du tourisme durable, un guide touristique, un barman et un acteur réunis autour d’un même projet. C’est parfois difficile d’être sur la même longueur d’onde et une simple réunion peut durer des heures. Mais le jeu en vaut la chandelle !

mercredi 22 octobre 2008

Projet de reforestation

Voilà plus d’une semaine que nous sommes à Itacaré, et il est temps de vous parler un peu de l’avancement de nos projets ici et notamment de notre projet de reforestation mené avec l’association GAN’A.

Itacaré est entouré par la Mata Atlantica, cette forêt bien connue des défenseurs de l’environnement, car c’est une des plus menacées du monde. Les environs d’Itacaré ne sont pas épargnés. Régulièrement des zones entières sont brûlées afin de construire des complexes hoteliers.

Le biriba, un arbre en voie de disparition

Le projet que nous menons avec GAN’A consiste à replanter une centaine d’arbres menacés de disparition et à recueillir un maximum d’informations sur ces espèces. L’objectif de GAN’A est que la population locale s’approprie le problème. Cent arbres c’est certes peu, mais cela correspond bien à la philosophie de l’association : commencer par bien faire de petites choses pour ensuite viser plus haut.

Première étape: aller chercher des graines de ces arbres dans la forêt, au cours d’une randonnée, avec l’aide de Catu, ancien pêcheur devenu électricien et dont la connaissance populaire de la faune et de la flore locale est inépuisable.

Reforestation: les graines récoltées

Deuxième étape: tout préparer pour pouvoir planter les graines et leur permettre de se développer, afin d’obtenir des plants. Il s’agit d’abord de trouver un lieu : un terrain vague de la ville, rempli de bouteilles en plastiques vides, fera l’affaire une fois nettoyé.

Projet de reforestation: les graines récoltées

Et nous profitons des bouteilles en plastique pour en faire des pots qui accueilleront chacun une graine. Pour cela il faut les nettoyer et les couper:

Reforestation: Aloys au travail pour transformer des bouteilles en plastique en pots pour les futurs arbres

La suite très bientôt !

lundi 20 octobre 2008

Itacare, raconte-nous ton histoire

L’histoire des grands espaces sauvages qui entourent cette jolie ville aux façades colorées est triste. Elle mérite quelques lignes.

Rue d'Itacaré


Il y a trente ans, la beauté de cette région était encore peu connue, la Mata Atlantica y restait vierge et Itacaré était encore un petit village qui ne vivait que de pêche. Si aujourd’hui le niveau de vie des habitants est très modeste, à l’époque on vivait mieux. Anecdote révélatrice : les pêcheurs allaient vendre leur poisson en avion jusqu’à Salvador, la principale ville de l’Etat de Bahia. Aujourd’hui cela ne serait même pas envisageable !

Car depuis que la concurrence de la pêche industrielle fait rage, on vit difficilement de la pêche. La principale ressource d’Itacaré est devenue le tourisme.

Conséquence : le développement de la ville est exponentiel. Mentionné dans tous les guides, Itacaré et ses environs sont devenus le rendez-vous des touristes et des surfeurs. Pousadas* et restaurants se comptent par centaines et on en construit toujours plus. Mais ce développement dévoreur d’espace détruit chaque jour un peu plus la faune et la flore locale, aussi riches que fragiles. Et si cette économie du tourisme crée des emplois, la richesse accumulée est loin d’être redistribuée de manière équitable : elle reste beaucoup l’apanage de compagnies hôtelières étrangères.

Lézard en voie de disparition

Le développement de l’ « écotourisme » est une illustration emblématique de cette réalité. A quelques kilomètres du centre d’Itacaré, se trouvent des domaines gigantesques, ilots de prospérité dans cette région modeste. Il s’agit de résidences ou hôtels qui offrent à leur clientèle très aisée la possibilité de vivre au beau milieu d’une nature apprivoisée. Le paradoxe de l’écotourisme, c’est qu’en réalité il est tout sauf écologique : la construction de ces condominiums a nécessité une déforestation peu respectueuse des espaces sauvages. Et au grand regret des natifs, ces espaces a priori publics sont désormais fermés et l’accès aux plages bloqué.

Rue d'Itacaré

Dans ce contexte, l’action de l’association GAN’A prend tout son sens : son action sociale contribue au bien-être de la population locale, et son action en faveur de la nature entend préserver la beauté des paysages environnants. Mais le travail de GAN’A ne s’arrête pas à des projets ponctuels : l’association réalise un travail constant de lobbying afin de ralentir l’exploitation des terres vierges de la Mata. Un travail de longue haleine. (pour plus d’infos, voir reportage : « Qu’est ce que GAN’A ? »)

  • hôtels

Diane

vendredi 17 octobre 2008

Qu'est-ce que l'association GAN'A?

A qui profitent réellement les recettes du tourisme dans un village brésilien de bord de mer où abondent les vacanciers étrangers et les amateurs de surf ? A des entrepreneurs étrangers ou à la communauté locale ?

C’est cette question qui préoccupe les membres de l’association GAN’A à Itacaré, petite commune du sud de l’état de Bahia. En octobre 2006, 4 amis natifs du village, dont Diego et Erasmo, prennent conscience que le niveau de vie des habitants d’Itacaré régresse et que le milieu naturel se dégrade tandis que se développe l’activité touristique. Ils décident alors de s’unir afin de défendre les intérêts de la communauté locale à travers des projets à caractère social et environnemental.

GAN’A signifie Grupo de Atitude N’ativa ce qui pourrait se traduire par Groupe d’attitude Native/active. Ils étaient 4 au début, ils sont aujourd’hui 22 à se mobiliser pour leur village, ses habitants et la nature environnante. Leur budget ? La cotisation symbolique d’un euro par mois et par personne. Que fait-on avec si peu ? D’aucuns diront « pas grand-chose ». Mais Diego et ses amis se sont persuadés du contraire… et ils ont eu raison.

Les projets menés depuis 2 ans sont très concrets et bénéficient directement à la population ou à l’environnement. La première action a consisté en une collecte de vêtements auprès des familles du village afin de les distribuer à une communauté accessible seulement par le fleuve à 30 minutes de bateau d’Itacaré. Ce sont 48 familles très pauvres qui ont ainsi pu bénéficier de la mobilisation des habitants du centre ville au niveau de vie plus élevé bien que modeste. Depuis l’opération s’est répétée plusieurs fois et la collecte se déroule aujourd’hui de manière permanente.

GAN ´A: distribution d'habits

Les plages d’Itacaré font partie des plus belles du Brésil. Malheureusement les déchets provenant des bateaux au large mais aussi du manque de respect des touristes, peuvent rapidement s’y accumuler. Les habitants d’Itacaré aiment leur plage comme on aime une belle femme. Ils la chérissent, en parlent avec des mots doux (prahina « ma petite plage ») et aiment à la fréquenter régulièrement. Les membres de GAN’A se mobilisent pour lui rendre sa virginité. En avril 2008 ils ont ainsi collecté plus de 250kg de bouteilles en plastiques qui jonchaient la plage principale.

Plage d'Itacaré 2


Parmi les autres actions menées par GAN’A on peut citer les collectes et redistributions de denrées alimentaires aux foyers les plus modestes, l’apprentissage des échecs aux enfants de l’école, la sensibilisation des habitants à la protection de la nature grâce à des peintures murales collorées…

GAN´A: distribution de nourriture

GAN’A a d’autres projets mais qui nécessiteraient des fonds plus importants. « Itacaré bonito » (Joli Itacaré), par exemple, est un projet audacieux de peinture des façades des maisons populaires, souvent délabrées, afin de leur rendre tout leur charme et de défendre la dignité de leurs habitants. Mais pour cela GAN’A cherche encore de généreux donateurs…

mardi 14 octobre 2008

Premiers jours à Itacaré

Village Itacaré
La convivialité des Brésiliens est incroyable : avant même notre arrivée dans le joli village coloré d’Itacaré, nous sommes conviés chez un certain Joao autour d’un barbecue. L’occasion est spéciale : il s’agit à la fois de la fête nationale de Sao Antonio, patron des pêcheurs du Brésil, mais aussi et surtout du 2ème anniversaire de GAN’A, l’association locale avec laquelle nous allons travailler pendant ces trois prochaines semaines.

GAN’A (Grupo de Atitude N’Ativa) est née en octobre 2006 de la volonté de 4 amis d’initier une action sociale et environnementale dans Itacaré, petit village touristique à la croissance fulgurante et peu contrôlée. Avec seulement 22 membres et un budget négligeable, l’association a lancé depuis sa création plusieurs programmes avec succès (pour plus de détails, voir Qu'est-ce que Gan'a ?)

Nous rencontrons donc chez Joao l’essentiel de cette équipe : des personnalités fascinantes. Ils sont pêcheurs, musiciens, guides touristiques ou serveurs. Ils n’ont souvent pas fait d’études mais ils sont bourrés de connaissances. Ils parlent des problèmes de leur village avec un œil très critique et un grand pragmatisme. L’essentiel de leur temps libre, ils le dédient à améliorer le quotidien d’Itacaré, dans une passion et une patience inébranlables.

Puisqu’une seule invitation ne suffit pas à la générosité des Brésiliens, Erasmus, guide touristique aux yeux rieurs, nous invite à rejoindre un groupe d’étrangers qu’il emmène en randonnée le lendemain, dimanche. Nous acceptons avec plaisir. Nous découvrons alors avec des yeux ébahis la végétation luxuriante de la __Mata Atlantica, une jungle sur le bord de mer, qui abrite de nombreuses espèces de végétaux et d’animaux dont beaucoup sont en voie de disparitionMata Atlantica

Depuis, le début de semaine a été marqué par une série de rencontres avec différents membres de GAN’A. Nous allons nous impliquer ensemble dans trois projets : __- sensibilisation des 170 enfants d’une école locale au respect de la nature - recueil d’informations sur la faune locale pour un projet de reforestation - développement du site internet de GAN’A__

A suivre… !

Diane

Randonnée dans la Mata

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